Peloton XVIIIème Mousquetaires du Roy

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ALTERIUS JOVIS ALTERA TELA   

(Tiendras d'un nouveau foudre de guerre)


 

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e peloton Mousquetaire entre en service au printemps 2012.

Il sera composé de Mousquetaires du Roy de la 2ème Compagnie.

                                               

                          

Le peloton 2ème compagnie des Mousquetaires du roi est née d'une passion et d'une volonté de faire revivre à cheval le corps militaire de ces prestigieux cavaliers, courageux au combat, fiers et fidèles au roi et à l'honneur,

au sein des groupes de reconstitution.

Le costume est reproduit d'après des sources historiques et composé du justaucorps, de l'habit, du tricorne et de la soubreveste brodée et galonnée de la célèbre croix. La 2ème compagnie porte les couleurs rouges et bleues mais galonnée d'argent et montant des chevaux noirs (d'où leur surnom de Mousquetaires noirs)  pour la distinguer de la 1ère compagnie galonnée d'or et montant des chevaux gris.

Duels au fleuret, maniements d'armes, démonstrations d'équitation baroque, reconstitution de bivouac militaire, escorte du roi, ponctuent son activité. Les Mousquetaires, galants et parfaits gentilhommes, accompagnent, hors service du Roi, de belles dames en amazone pour des pas de deux et carrousels.

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Présentation

 

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Qui ne connaît pas ces magnifiques cavaliers nés sous le règne de Louis XIII ? C'est en dotant de mousquets une compagnie de carabins que ce roi créa, en 1622, la première compagnie de mousquetaires. Il s'en proclama le capitaine et s'adjoignit, un capitaine-lieutenant (le célèbre M. de Troisvilles ou de Tréville). La compagnie comprenait 100  mousquetaires.

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Cette compagnie fut licenciée en 1646. Cette éclipse était due à la haine de Mazarin, qui profita de la mort du roi pour se venger ainsi des turbulents gardes. Il ne les reconstitua en 1657 que pour placer son neveu Philippe, duc de Nevers, à leur tête. Elle renaît alors forte de 150 hommes.
Une autre compagnie ayant été créée pour la garde du cardinal de Richelieu et par la suite pour celle du cardinal Mazarin: ce sont les fameux "Gardes du cardinal", (frères) ennemis mortels des mousquetaires du roi dans les romans d'Alexandre Dumas.

La mort de Mazarin, en 1660, la fit passer, sous le nom de 2ème compagnie de mousquetaires, dans la maison du roi. Licenciée en 1664 et aussitôt réorganisée selon le même schéma que la première compagnie, elle eut, dès janvier de l'année suivante, le roi Louis XIV en personne pour capitaine (le roi était également capitaine de la première compagnie).

Les mousquetaires faisaient le service à pied et à cheval, accompagnant le roi dans ses sorties, mais ne pénétraient jamais dans ses appartements. C'est pour cette raison qu'ils portaient toujours de larges bottes à chaudron ou à calice, alors que les gardes du corps étaient, pour leur service quotidien, chaussés de petits souliers à talons.

En raison de leur double nature,mousquetaires-de-la-garde-musician-marbot-1.jpg

les mousquetaires avaient le drapeau, les tambours  et les fifres quand ils étaient à pied et les étendards et les trompettes pour le service à cheval.

 

Les chevaux gris ou blancs de la 1ère compagnie et ceux de couleur noire de la 2ème sont à l'origine des noms de " mousquetaires gris " et de " mousquetaires noirs "qu'on leur donnait parfois.

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Plus mystérieux est le surnom de " grands mousquetaires " décerné aux membres de la 1ère compagnie : il est probable qu'il marquait la différence d'origine de cette troupe par rapport à la seconde et reflétait la vieille rivalité qui opposait les gardes du roi à ceux du cardinal.

Un autre nom se rencontre encore dans les textes de l'époque: celui, commun aux deux compagnies, de "maison rouge du roi ". Il évoque tout simplement l'habillement de drap écarlate des mousquetaires, l'habit et la culotte dont ils devaient se fournir à leurs frais, alors qu'ils recevaient du roi la casaque et la soubreveste caractéristiques de leur corps.

Orgueilleux de leur noblesse, de leur excellente tenue et de leur inflexible discipline, les mousquetaires déployaient le plus grand luxe allié au plus grand courage. En 1667, à Valenciennes, ils suscitèrent l'admiration de toute l'armée en montant les premiers à l'assaut, comme de simples fantassins. Durant le XVIIlème siècle, ils se distinguèrent aux sièges de plusieurs forteresses. Détail curieux, le duc de Bourgogne, dauphin, était mousquetaire, et pour ne pas provoquer de jalousie, il appartenait aux deux compagnies dont il portait alternativement le costume!

Les grandes réformes de 1775-1776 qui frappèrent la maison du roi contraignirent Louis XVI à supprimer ces deux belles phalanges pour des raisons d'économie. Réorganisés en 1789, les mousquetaires furent licenciés, peu de temps après, par la République.

La hiérarchie des mousquetaires est la même que celle des gendarmes & des chevaux légers. Seuls changent les grades pour les officiers: cornette ou exempt.
De plus, les promotions dépendent du bon vouloir du roy, surtout pour les officiers.

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Il est nécessaire pour donner au lecteur une juste idée de ces deux Compagnies qui existent aujourd'hui, de parler de leur institution sous le règne de Louis XIII. Monsieur de Puisségur dans ses mémoires en fixe l'époque en 1622. J'ai rapporté dans celle des Chevaux Légers de la Garde, la manière dont ce Monarque changea leur carabines en mousquets, et leur nom de Carabiniers en celui de Mousquetaires, leur donnant un Capitaine qui resta subordonné, de même que la Compagnie jusqu'en 1629 au Capitaine -Lieutenant desdits Chevaux Légers, parce qu'ils étaient attachés à ce Corps, comme il compte par l'état de la France, de l'an 1727 (t2p131). Voici ce que Mr. de Puisségur rapporte de cette institution.

"Après cela, (c'est à dire après la réduction de Montpellier) le Roi marcha droit à Avignon, et pendant sa marche il ôta les carabines de sa Compagnie de Carabins et leur fit bailler des mousquets, et donna la Compagnie vacante par la mort du capitaine au Sieur de Montalet, la Lieutenance au Sieur de Lavergne, et la cornette au Sieur de Montalet, qui portait le même nom que le Sieur de Montalet son oncle, qui mourut empoisonné à Negreplice, étant capitaine des Carabins, et qui fut lui même après le Sieur de Montalet capitaine desdits Mousquetaires. Sa Majesté demanda à Mr. d'Épernon six de ses Gardes, pour mettre dans ladite Compagnie; elle voulut, et je puis même dire, qu'elle me força de prendre un casaque de Mousquetaires, la difficulté que j'en faisait, n'était pas que je ne susse fort bien que s'était un grand honneur que d'être dans la Compagnie; mais j'appréhendais fort que cela ne m'éloignât de la charge d'Enseigne qui m'avait été promise à Montpellier; Sa Majesté m'assura que cela ne me reculerait pas, et qu'il me mettait dans les Mousquetaires, parce qu'il savait bien que j'était un vaillant homme, et qui avait fait de belles actions. Qu'il était résolu de ne mettre que des Gentilshommes dans cette Compagnie qu'il prendrait dans ses Gardes; comme aussi quelques soldats de fortune, mais qu'il ne voulait pas en prendre qui n'eussent servi, et qui ne se fussent trouvés aux occasions, désirant après cela, quand ils auraient été quelques temps dans la Compagnie, les en tirer et les disperser dans les Vieux et Petits Régiments, et leur donner même des Enseignes et des Lieutenances dans ses Gardes; lorsqu'ils seraient dans un de ces degrés, il ne leur ferait point de tort quand les charges au dessus d'eux vaqueraient pour monter aux Compagnies, et qu'il me permettait de me donner la première Enseigne; ce qu'il fit dix huit mois après que je fut entré dans ladite Compagnie de Mousquetaires."

Cette Compagnie subsista sur ce pied jusqu'en 1634 que le Roi s'en fit Capitaine, et donna au Sieur de Troisville la charge de Capitaine Lieutenant par lettre du 3 octobre. Après la démission volontaire de Mr. de Montalan, la Sous Lieutenance fut conférée à Hugues de La Boulaye Seigneur du Bois, la Cornette à Louïs Goulart, et fit deux Maréchaux des Logis; sçavoir, Charles d'Harmes et Giscaro.

Cet auteur et l'état de la France s'accordent avec les Mémoires de Mr. de Puisségur; de sorte que c'est sans fondement que Mr. de Bassompierre dans ses Observations sur l'Histoire de Duplex, le contredit touchant la Cornette n'en admettant point, mais seulement un Maréchal des Logis; de plus un extrait de la revue de la Maison du Roi en 1640 fait connaître les trois officiers nommés ci-dessus avec deux Maréchaux des Logis; cette Compagnie ne subsista que jusqu'en 1646, et on verra la raison aussi bien que la cause de son rétablissement en 1657 dans la Chronologie de Mr. de Troisville; lorsqu'elle fut rétablie, elle eut alors un Capitaine Lieutenant, un Sous Lieutenant, un Cornette, et deux Maréchaux des Logis, le Roi y ajouta ensuite un Enseigne, et fixa le nombre des Mousquetaires à 150.

Je fixe l'époque de la création de la seconde Compagnie qui portait auparavant le titre des Mousquetaires du Cardinal Mazarin en 1660, après que le Cardinal l'eut donnée au Roi; ce fait est rapporté dans la relation de l'entrée de la Reine à Paris en août de cette année. La Compagnie des Mousquetaires que Son Éminence à donnée au Roi, commandée par les Sr. de Marsac et de Montgaillars, était suivie de la Compagnie des anciens Mousquetaires.

Cette Compagnie ne fut montée qu'en 1663, lorsqu'elle fut envoyée à l'expédition de Marsal pris par le Maréchal de La Ferté; le Roi n'en fut pas Capitaine d'abord, mais lorsque Mr. de Marsac l'eut vendue à Mr. de Colbert de Mauleuvrier frère du Ministre, Capitaine dans le régiment des Gardes en 1664 Sa Majesté envoya un Commissaire à Charenton, où cette Compagnie était en quartier, qui cassa tous les officiers de même que les Mousquetaires, la rétablit sur le pied de la première, et s'en fit Capitaine comme il l'était de l'autre, en janvier 1665; alors Mr. de Mauleuvrier prit le titre de Capitaine Lieutenant, la Sous Lieutenance fut donnée à Mr. de Montbron, la Cornette au Comte de Marsan, et l'Enseigne à Mr. de Florensac; il y eut beaucoup de cérémonies à l'inflation de Colbert de Mauleuvrier, les deux Compagnies étant rangées en bataille dans la cour du Vieux Louvre, le Roi lui ordonna de défiler à la tête de la première, chaque officier tenant son rang étant dans les divisions, comme si les deux Compagnies n'avaient formé qu'une seule.

Elle eut en premier lieu son quartier à Nemours, ensuite à Charenton et plusieurs autres successivement; elle habite maintenant l'Hôtel que le Roi à fait bâtir il y a quelques années au Faubourg Saint Antoine; à peine la Compagnie eut-elle Mr. de Colbert de Mauleuvrier pour Commandant, qu'étant frère du Ministre toutes les Familles de considération s'empressèrent pour y placer leurs enfants: de sorte que rien n'était plus beau que cette Compagnie, et qu'elle l'emporta sur la première; mais ce grand empressement s'étant ralenti peu à peu, les deux Compagnies quelques années après, se trouvèrent à peu près égales, toujours parfaitement entretenues, mais c'était la jeune Noblesse ordinaire, qui en faisait pour ainsi-dire le fond comme à présent.

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Historique des mousquetaires du Roy

 Cette première compagnie est créée par Louis XIII en 1622.

Il s’agit de sa garde personnelle, formée par son père Henri IV, qui avait alors le nom de « Carabins » car elle portait des carabines. Louis XIII remplace ces dernières par des mousquets et la compagnie prend alors le nom de « Mousquetaires ».  La compagnie des chevau-légers navarrais  comptait dans ses rangs, en 1620, sous le nom de carabins, mousquetaires, des soldats de fortune chargés du rôle d’éclaireurs.

Lorsqu’en Henri IV monta sur le trône, il hérita de son prédécesseur Henri III, assassiné par Jacques Clément à Saint Cloud en 1589, d’une Maison militaire assez restreinte, les compagnies des gardes du corps, des gardes de la Porte et de la Prévôté, la compagnie des Cent-Suisses, hallebardiers géants, et le fort régiment des gardes françaises, créés en 1563.

Les deux-cents gentilshommes à bec de corbin (sorte de hallebarde), infidèles à leur serment, s’étaient presque tous ralliés à la Ligue. Henri IV, cependant, les reconstituera lorsqu’il aura entièrement reconquis son royaume (1594) mais ne les réunira que lors des grandes cérémonies dynastiques.

A sa Maison militaire, il va adjoindre en 1593, la compagnie des chevau-légers (les carabins) qu’il avait constitués quand il était Roi de Navarre, et créera pour son fils aîné, les « gendarmes du dauphin ». Louis XIII devenu roi par l’assassinat de son père en 1610, va très vite faire entrer ses gendarmes dans sa Maison militaire (1611). Roi guerrier, aimant les soldats, les « montres » ( revues), les parades et les expéditions, il va mettre sa Garde sur une grand pied, fondant le régiment des gardes suisses, avec les fidèles vétérans helvétiques de son père (1616) puis, en 1622, la compagnie des 100 mousquetaires, anciens « carabins ».

En créant, la Compagnie des Mousquetaires, Louis XIII veut former un corps d’élite de combattants qui lui sont entièrement dévoués. Les mousquets replacent donc les carabines et la casaque bleue devient l’uniforme. Une hiérarchie stricte régit la compagnie selon des grades. Ainsi, il ne faut pas confondre l’appellation de « Mousquetaires » en général – glorieuse - avec le grade de simple mousquetaire qui est celui de l’homme de rang qui porte et charge son mousquet ; ce qui peut parfois entraîner la confusion.             Ces hommes furent réunis en 1622 en une compagnie qui prit le nom de grands mousquetaires du roi. Le capitaine de cette nouvelle troupe resta longtemps le subordonné du capitaine-lieutenant des chevau-légers. Dans ce corps on admettait indistinctement des gentilshommes ou des soldats éprouvés.

On entrait très jeune chez les mousquetaires, c’est-à-dire aux alentours de seize ou dix-sept ans et une bonne recommandation était souhaitable ainsi que - comme l’on fait remarquer de nombreux chroniqueurs - un lignage gascon ou béarnais qui ouvrait plus facilement les portes… Cette tradition remontait déjà aux Carabins qu’Henri IV avait recrutés parmi ses fidèles sujets de Navarre. Elle se maintient pendant pratiquement tout le XVIIe siècle, dans la Compagnie des Mousquetaires. 

   Les Gascons demeurent en force parmi les troupes. A côté des petits gentilshommes, l'armée royale assure la promotion de vaillants roturiers. Gassion, Maréchal de France et Tréville, tous deux fils de marchands d'Oloron, en sont l'illustration. Les apprentis guerriers gascons trouvent, dans le régiment des Gardes françaises notamment, une authentique école militaire dont ils ont l'usage presque exclusif. Au début au moins, sur dix compagnies, huit sont commandées par des capitaines gascons. De même, au fur et à mesure que se mettent en place les régiments, comme unité qui compte dans l'armée, ceux-ci portent, le nom de leur titulaire, et le plus souvent celui d'une maison gasconne. Sous le règne de Louis XIII, la formation de la Compagnie des Mousquetaires du roi constitue, également, un nouveau pôle d'attraction pour les jeunes gentilshommes désireux d'apprendre, dans cette troupe d'élite, à la fois le métier de soldat et les devoirs de l'homme de cour.

Ainsi, on peut légitimement soutenir qu'il existe une sorte de mafia gasconne qui confisque largement les gouvernements ou les lieutenances dans les provinces, les commandements militaires comme les charges de cour ou les offices royaux.

 Lors de la création de la première compagnie, M. de Montalet en est nommé Capitaine commandant. Il meurt empoisonné, et a pour successeur un autre M. de Montalet, son neveu, précédemment cornette de la compagnie.

En 1627, c’est lui qui conduit les Mousquetaires au secours de l’île de Ré, première grande bataille que livre la nouvelle compagnie.

Suit ensuite le siège de La Rochelle.

, M. de Montalant, le Capitaine commandant de la compagnie des Mousquetaires démissionne en 1634 et Louis XIII décide de s’en faire lui-même le Capitaine. Certains diront qu’il avait suggéré cette démission à Montalant qu’il récompense largement en lui donnant le Gouvernement du Duché et de la ville de Bar, car il souhaite prendre la tête de sa compagnie des Mousquetaires afin d’en assurer davantage encore la position. Il en nomme Tréville Lieutenant et dès lors, le commandant de la compagnie ne porte plus que le titre de « Capitaine lieutenant ».

« Les mousquetaires à cheval de la garde du Roy ne font garde que quand le Roy sort; alors ils marchent à cheval devant tous les autres gardes, deux à deux. Ils ont tous la casaque bleue avec la croix d'argent; leur capitaine est monsieur de Tréville, que le défunt Roy a avancé à cette charge à cause de son grand courage. Ils sont au nombre de cent trente et ont quarante sols par jour. »

Lorsqu’ils sont à la guerre, les Mousquetaires logent aux quartiers du Roi et combattent avec le Roi, en garde rapprochée.

La plupart des jeunes rêvent alors de faire partie des Mousquetaires tant leur prestige est grand, mais leur nombre étant limité, beaucoup sont obligés de se rabattent sur les autres corps de l’armée.

Il paraît que de 1636 à 1646, les Mousquetaires n’ont pas participé, de manière systématique, à toutes les campagnes qu’il s’agisse de la Lorraine, de la Picardie ou de la Flandre car le Roi qui les aimait tant, ne souhaitait pas qu’ils soient sacrifiés… Peu de pertes sont donc enregistrées et le nombre des recrues est infime.

Le Marquis.

 La mode s’établit bientôt de servir aux mousquetaires, et depuis Louis XIV c’est là que venaient s’enrôler les jeunes gens qui se destinaient à la carrière militaire, véritable école pratique pour tous ceux qui, plus tard, voulaient obtenir la permission d’acheter ou de lever une compagnie. C’est là aussi que Louis XIV fit servir son petit-fils le duc de Bourgogne, alors âgé de sept ans. Les mousquetaires s’engageaient vers l’âge de 16 ou 17 ans, restaient trois ans à la compagnie, puis obtenaient une commission de capitaine. Ceux qui restaient parvenaient, à l’ancienneté, aux grades et pensions que le roi avait créés pour les 52 plus anciens (250 livres annuelles).

Les mousquetaires payaient tout leur équipage de leurs deniers. Ils ne recevaient même pas le fusil. Cependant la subreveste, sorte de justaucorps sans manche dont ils devaient se revêtir dans le service, appartenait au roi. Son usage date de 1685 seulement.

Les mousquetaires, comme les dragons, faisaient alors un service d’infanterie. Ils avaient en ce cas un drapeau pour enseigne. Si les régiments des gardes à pied françaises ou suisses ne pouvaient fournir, les mousquetaires prenaient la garde et veillaient aux abords de la résidence royale.

Les exercices militaires, la manière de combattre étaient ceux des dragons ; c’est pour cela que nous les voyons aux tranchées devant Valenciennes en 1677. Vers la fin du règne de Louis XIV, ils servirent davantage comme troupes à cheval. Enfin, sous Louis XV, ils étaient devenus habituellement troupe de cavalerie.

La finance des compagnies était la même qu’aux gendarmes et chevau-légers ; la solde des officiers était la même.

Pour la troupe :

Ces gentilshommes, comme toute la gendarmerie, devaient sur leur solde entretenir un valet et une bête de somme pour leur service.Une seconde compagnie fut formée par le cardinal de Mazarin en 1651 pour sa sûreté personnelle et fut léguée au roi qui la mit dans sa garde en 1661. Ces deux compagnies furent réorganisés en 1665.Elles logeaient à Paris dans leur hôtel particulier : la 1re compagnie, rue du Bac, la 2e, rue de Charenton.

Le drapeau et les 4 étendards de chaque compagnie étaient déposés chez le roi, et 12 mousquetaires venaient au château tous les cinq jours pour leur garde.La première compagnie était tout entière montée sur des chevaux gris, la seconde sur des chevaux noirs. De là les appellations de mousquetaires gris et noirs.

Leur habit entièrement rouge était bordé de fil d’or, boutons dorés, ainsi que les boutonnières, équipage du cheval en drap rouge galonné d’or, pour la première compagnie. Boutons, boutonnières, galons d’argent pour la seconde. Chapeau de feutre noir bordé d’or ou d’argent à plumet blanc.img009-227c1e7-1.jpg

Le vêtement caractéristique des mousquetaires, la subreveste, était un surtout sans manche qui s’agrafait sous le bras, en drap bleu doublé de rouge, galonné d’argent suivant le grade et orné sur la poitrine et le dos d’une croix de velours blanc, fleur de lis d’argent aux branches, à flammes rouge et argent pour la première compagnie, jaune et argent pour la deuxième.

Les officiers ne portaient jamais cette subreveste ; mais en guerre, la cuirasse double. Les mousquetaires ne portaient point la cuirasse.

L’armement consistait en un sabre de 33 pouces de lame, 2 pistolets, un fusil à baïonnette, qu’ils portaient attaché à la selle, comme les dragons, la crosse en bas.

Les tambours portaient la grande livrée du roi, qui était capitaine titulaire des 2 compagnies.

Les banderoles des hautbois ressemblaient aux banderoles des trompettes en usage dans la maison du roi.

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La caisse des tambours était peinte en bleu et portait les armes de France

 

 

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9082102-gold-ornament2-12.jpgLes Mousquetaires de la garde

 

   

Organisation:

1 compagnie, ou 2 compagnies qui se détestent cordialement.
Nombre d'hommes (1646): 120 cavaliers par compagnie
Capitaine de compagnie: le Roy
Officiers: 1 Capitaine-Lieutenant
1 Sous-Lieutenant
1 Enseigne
 
Sous-Officiers:1 Maréchal des Logis
2 Brigadiers
Il faut toutefois remarquer que ces chiffres ne comprennent pas les 44 officiers et sous-officiers, les 6 tambours, les 4 hautbois, l'apothicaire, les 9 chirurgiens, etc., qui gonflaient l'effectif de chacune des deux compagnies; et celles-ci, en temps de guerre, s'accroissaient d'un nombre considérable de gentilshommes volontaires.

Armement : mousquets à mèche (plus tard à rouet), pistolet et rapière

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Changements arrivés dans les deux Compagnies.

Le premier changement qui arriva à la Compagnie fut qu'à son rétablissement en 1657, il y avait un trompette que le Roi supprima mettant dans sa place cinq Tambours et un Fifre; le Fifre fut supprimé en 1665, on y mit trois Hautbois et peu de temps après un quatrième et un sixième tambour.

Le second changement consiste en ce que la Compagnie rétablie sur le pied de 150 Mousquetaires, se trouva dès 1663 composée de 300, de même que la seconde, et furent réduites à 250 en 1668, après la conquête de la Franche Comté.

Les États les admettent sur ce pied jusqu'à la fin du Règne de Louis XIV, excepté qu'en temps de guerre on recevait des surnuméraires autant qu'il s'en présentait, il y eut sous la minorité de ce Roi une réforme, mais on vient d'augmenter en mars de cette présente année 1734 chaque pagne seront commandés cette année par le premier Enseigne et le premier Cornette, et l'année prochaine par le deuxième Sous Lieutenant, le deuxième Enseigne et la deuxième Cornette.

Le troisième changement qui survint à la création de la première Compagnie consiste en ce qu'il n'y avait qu'un Capitaine Lieutenant, un Sous Lieutenant, et un Cornette, le Roi y ajouta une Enseigne en 1658 et doubla le Sous Lieutenant, l'Enseigne et la Cornette en 1693, ce qui subsiste encore aujourd'hui, de sorte qu'il y a deux Sous Lieutenants par Compagnie, deux Enseignes et deux Cornettes.

Le quatrième changement est qu'à son rétablissement il n'y avait que deux Maréchaux des Logis, ils furent augmentés successivement jusqu'à six et en mai 1692 jusqu'à huit, il n'y a eu depuis 1665 que quatre Brigadiers et seize Sous Brigadiers; en 1675 le Roi institua des commissions de Port-Etendart et de Port-Drapeaux avec pension, elles sont données à deux Mousquetaires.

9082102-gold-ornament2-14.jpgRang des deux Compagnies

Leur Rang dans la Maison du Roi est après les Gardes du Corps, les Gendarmes et les Chevaux-Légers de la Garde; la première de ces deux Compagnies a la préséance sur l'autre, et les Officiers commandant ceux de la seconde de même qualité.

Les Capitaines Lieutenants et autres Officiers des deux Compagnies ont eu par une Ordonnance du Roi émanée le 1 mars 1718, les même prérogatives des Capitaines Lieutenants, et autres Officiers des Gendarmes et Chevaux Légers de la Garde, telles que j'ai rapporté en parlant des susdits Gendarmes.

On voit par une déclaration de Sa Majesté donnée à Paris le 16 novembre 1643, et qui est à la Chambre des Comptes, que la première de ces deux Compagnies avait droit de commander comme les autres commensaux du Roi, mais lorsqu'elle fut rétablie en 1657, on n'a point parlé de ce Privilège.

Le Capitaine Lieutenant est reçu et mis en possession de ces emplois à la tête de la Compagnie par Sa Majesté en Personne, qui ordonne aux Officiers et aux Mousquetaires de lui obéir en tout ce qui concerne son service, les autres Officiers y sont admis quand le Roi fait la Revue.

Les Charges d'Officiers de ces deux Compagnies étaient autrefois vénales, celle de Capitaine Lieutenant étaient vendues plus de 200 000 livres et les autres à proportion; ensuite Louis XIV, les donna y faisant monter les Maréchaux des Logis, et depuis plusieurs années il a été réglé que les Cornettes vacantes seraient remplie alternativement par un Maréchal des Logis et par un Colonel de Cavalerie, tel qu'il se pratique à l'égard des Enseignes des Gardes du Corps, mais jusqu'à la fin de son règne les Maréchaux des Logis des Mousquetaires ont presque toujours été gratifié des charges de Cornette.

Le Capitaine Lieutenant reçoit deux payes, une de 600 livres par mois qui est celle du Roi en qualité de Capitaine et qui la lui cède, et la sienne en qualité de lieutenant qui est de 300 livres; il est en outre cela gratifié d'une pension de 600 livres par an; les Sous Lieutenants, Enseignes et Cornettes, jusqu'au Port-Etendart ont pareillement outre leur paye des pensions selon leur grade.

En 1688, le Roi fixa la somme de 11250 livres pour être distribuée par la suite aux 52 premiers Mousquetaires, sçavoir 300 livres à chacun des 10 premiers, 250 livres à chacun des 15 autres; ces pensions étaient sur la cassette, mais après la mort de Louis XIV, elles ont été assignées sur le Trésor Royal.

9082102-gold-ornament2-15.jpgService des Mousquetaires

Ces deux Compagnies servent à pied et à cheval, font leurs exercices et revues de deux manières, tantôt en Bataillons, et tantôt en Escadrons; lorsque les Revues ou exercices se font à pied en Bataillons, le Drapeau est déployé, tenant la droite sur l'Étendart; au contraire quand c'est à cheval en Escadrons, l'Étendart est déployé à la droite sur le Drapeau.

En 1689, quand Mr. le Duc de Bourgogne entra dans les Mousquetaires, ils campèrent à Versailles, où ce Prince tout jeune qu'il était, fit l'exercice en présence du Roi, le Marquis de Quincy alors Sous Brigadier de la seconde Compagnie le tenant par la main, ce jeune Prince qui se sentait beaucoup d'inclination pour cette première Compagnie, ne voulant point donner de jalousie avait deux habits d'Ordonnance, qu'il portait alternativement, et la soubreveste avait quelque ressemblance avec celle des deux Compagnies.

Le Roi Louis XIV, passait tous les ans en revue les deux Compagnies, tantôt à pied, tantôt à cheval, selon sa volonté, excepté pendant les dernières guerres, que les revues furent toujours faites à cheval.

Les Mousquetaires quand S.M. l'ordonne, vont toujours à l'armée par détachements avec les autres Troupes de la Maison du Roi, et sont commandés par un Officier de cette Maison, il y a par tour un mousquetaire à l'Ordonnance chez le Général, qui mange à sa table; lorsque le Roi allait à l'Armée, les deux Compagnies campaient dans son quartier, le plus près qu'il était possible de son logis, la première était à la droite, et la seconde à la gauche avec leurs Étendarts. Et quand ce Monarque désirait se promener, elles l'accompagnaient, quelquefois par détachements et quelques fois tous rangés en Escadrons. Ce qui s'est aussi pratiqué à l'égard de Monseigneur, commandant l'Armée, excepté qu'il n'avait un détachement de 150 Mousquetaires de chaque Compagnies sans Étendarts, depuis lesdits Etendarts ont marché avec le détachement: lorsque le Roi était à l'Armée, il y avait toujours un Escadron de Sa Maison qui montait la garde devant son logis ou de sa tente, les Gardes du Corps commençaient les premiers, ensuite les Gendarmes de la Garde, après eux les Chevaux-Légers; et le tour finissait par un escadron de la seconde Compagnie des Mousquetaires; il faut cependant remarquer que la Compagnie des Gendarmes Écossais, montait aussi cette Garde, immédiatement après les Chevaux-Légers, et avant les Mousquetaires, quoiqu'elle ne soit pas de la Garde, c'est un ancien privilège qu'elle s'est conservé.

Quand le Régiment des Gardes ne suivait pas, et qu'il se trouvait trop éloigné de Sa Majesté, les Mousquetaires montaient la Garde à pied par Brigade, ou en plus grand nombre, selon le bon plaisir de ce Monarque, avec des Officiers à proportion; ceux qui se trouvaient de cette Garde, mangeaient chez le Roi, et les deux Compagnies se relevaient tour à tour, comme les régiments des Gardes Françaises et Suisses.

Un Sous Brigadier et douze Mousquetaires gardent les Etendarts des deux Compagnies avec leurs fusils, l'épée à la main et bottés, y couchent le soir et sont relevés à la retraite par un pareil nombre.

Pendant la guerre ils ont servis à cheval, dans les sièges, pour la garde des tranchées, et à pied aux attaques des dehors. C'est à ces actions de vigueur où ils se sont signalés. Dans les Batailles ils combattaient à cheval rangés en escadrons, excepté à celle de Montcassel qu'ils mirent pied à terre par ordre du Maréchal d'Humières, et furent tous bottés, avec une partie du Régiment de Navarre, donner sur trois Bataillons des ennemis postés derrière des haies, qu'ils défirent entièrement, dans le temps qu'on rangeait l'armée en Bataille, ensuite remontant à cheval, allèrent se mettre dans un lieu qui leur était destiné: je parlerais plus particulièrement de cette action de valeur dans leur journal historique qui suit la Chronologie.

Il y a dans chacune des deux Compagnies un Officier qui fait les fonctions de Major; les Commandants les ont toujours fait, et ont le droit de les faire exercer par qui bon leur semble.

Mais en 1718 le Roi créa deux Aides-Majors, et leur donna le rang de Mestre de Camp de Cavalerie; ces deux Postes furent remplis par les Sieurs du Bosc et du Fort, Maréchaux des Logis; en 1722 le Chevalier d'Artagnan fut nommé Aide-Major à la retraite de Mr. du Fort, en 1725 le Sieur Bertrand à la mort de Mr. du Bosc; en 1726 le Sieur du Faur, lorsque le Chevalier d'Artagnan eut une Cornette; ceux qui possèdent aujourd'hui ces charges sont le Sr. de Vignaut premier Maréchal des Mogis, qui entra dans les Mousquetaires en 1684, et le Sr. de la Salle, qui y est entré en 1705, ce dernier a été créé Chevalier de Saint Louis en 1722 et Sous Brigadier en 1723.

A l'égard du service de la Cour, dans quelque lieu que soit le Roi, il y a toujours un Mousquetaire de chaque Compagnie, qui va à l'ordre avec l'habit d'ordonnance et botté, et quand le Roi leur en à donné quelqu'un, ils le portent à l'hôtel ou à leurs quartiers, autrefois ils portaient dans cette fonction au lieu de la soubreveste, qui n'était pas encore établie, la casaque sur l'épaule et le bras gauche.

Pour ce qui regarde de leur service dans les deux hôtels des Mousquetaires, c'est peu de choses; il y a toujours un Officier de jour depuis le premier Maréchal des Logis jusqu'au dernier Brigadier, à qui on rend compte de ce qui arrive; il y a aussi aux Écuries un Sous Brigadier de garde avec 4 Mousquetaires, afin de faire soigner les chevaux, ils couchent dans ce poste d'où ils sont relevés le matin; tel es le service des Mousquetaires tant à la Cour et aux hôtels, qu'à l'Armée.

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